Décor
Accueil > Evènements > Vivre la liturgie avec Marie de la Trinité > 2 février – Présentation du Seigneur au Temple

2 février – Présentation du Seigneur au Temple

La fête de la Présentation du Seigneur au Temple était célébrée, avant le concile de Vatican II, comme fête de la Purification de la Vierge Marie. A la fois fête du Christ et de sa mère, la Chandeleur est l’occasion de célébrer une véritable fête de la lumière.

Dans l’ancien rite, la bénédiction des cierges comportait cinq oraisons successives :

  • La première, adressée au Père éternel, louait l’œuvre de la création et spécialement le travail des abeilles qui procure la cire des cierges qui doivent servir « à la sanctification des hommes et à la guérison des corps et des âmes, sur terre comme sur mer. »
  • La deuxième suppliait le Dieu éternel, tout puissant, de bien vouloir bénir les cierges et, en les bénissant, de leur communiquer sa lumière capable de faire « brûler les fidèles du feu sacré de la douce charité. »
  • La troisième invoquait le Seigneur Jésus-Christ comme lumière qui éclaire tout homme : « que notre regard purifié reconnaisse ce qui peut vous plaire et servir à notre salut, afin que nous méritions, après avoir traversé les ténèbres de ce monde, de parvenir à la lumière qui ne s’éteint pas. »
  • La quatrième faisait référence à Moïse qui avait reçu l’ordre de préparer une huile très pure pour les lampes qui devaient brûler sans interruption en présence de Dieu.
  • La cinquième invoquait l’Esprit Saint afin qu’il aide les fidèles, à l’exemple de Syméon, « à reconnaître et accueillir le Christ apparu parmi les hommes dans la réalité de notre chair. »

Nous reconnaissons dans ces expressions le point de départ et le ressort de la riche réflexion théologique de Marie de la Trinité. Mais on y trouve aussi la trace de la peur du péché qui confinait à l’angoisse chez Marie, devant la toute puissance de Dieu qui jauge les mérites humains.

Reportons-nous aux carnets, à la date du 2 février 1943, où Marie note le thème de sa méditation : « le monde créé, digne de la nature humaine, et les mystères de salut et de bénédiction, dignes de la Majesté et Sainteté du Père. »

Cette réflexion la conduit à méditer sur la chute originelle : « La chute originelle est un accident, et n’atteint pas la substance de notre nature : nous sommes tous des accidentés de cette sorte ! Mais un accident qui survient à une réalité ne la change pas pour autant dans son essence, autrement ce ne serait plus un accident et la réalité, devenant substantiellement autre, cesserait d’être ce qu’elle était auparavant. » (Inédit, carnet 22, p. 2009/1182)
Elle comprend alors que la chute a entraîné un désordre partiel, mais ce désordre n’a pas atteint notre substance : « Le désordre est introduit dans l’exercice des facultés et dans leurs relations réciproques […] en sorte que tout le fond de notre nature, substance et facultés (en elles-mêmes) a été épargné par le châtiment. » (idem.)

Il s’en suit, pour Marie, que notre relation à Dieu doit toujours se situer au plan de notre nature « intacte » (la substance) en veillant à ce que l’exercice des facultés n’introduise pas, dans cette relation, des effets nouveaux et contingents accidentels dus à la chute. Elle donne alors en exemple, la vie cachée du Verbe incarné qui n’a rien fait, pendant trente-trois ans, que vivre la relation à Dieu de substance à substance, « pour procurer au Père l’hommage de la nature humaine. » Cet hommage, Marie le nomme le sacerdoce de gloire. « La chute a apporté une modalité propre au sacerdoce, qui comprend l’expiation, la restauration, et la justification ; mais non la référence, la consécration, et tout ce qui relève du sacerdoce de gloire. »

Alors que la chute affecte le sacerdoce, elle n’atteint ni n’affecte la filiation : « elle n’y a point apporté d’adjonction, ni introduit de modification, la chute a seulement considérablement gêné ses effets ; et tous les remèdes sont ordonnés à libérer la nature de tous les obstacles que, par suite de la chute, elle apporte, volontairement ou non, aux effets de la Filiation en elle. » (Inédit, carnet 22, p. 2010/1183)

Comme beaucoup de mystiques avant elle, Marie s’efforce de concilier les deux voies ascendante et descendante de la communion avec Dieu. Chez Marie de la Trinité, la voie ascendante est celle du sacerdoce où la réalité humaine est élevée jusqu’à Dieu, et la voie descendante, celle de la filiation où la réalité divine s’abaisse jusqu’à l’homme.

Top
Accueil  |  Plan du site  |  Association  |  Liens  |  Contact