Décor
Accueil > Evènements > Vivre la liturgie avec Marie de la Trinité > 25 mars – fête de l’Annonciation

25 mars – fête de l’Annonciation

SENS DE LA FETE

L’Annonciation, célébrée le 25 mars (9 mois avant Noël) par la tradition chrétienne, est un des mystères centraux du culte chrétien. C’est en effet le moment où le divin s’incarne en homme. L’archange Gabriel annonce à Marie son nouveau statut de mère du Fils de Dieu, et lui explique qu’elle portera un enfant en son sein tout en restant vierge. C’est l’origine de la croyance en une conception virginale qu’il ne faut pas confondre avec le dogme de l’Immaculée conception qui est propre au catholicisme moderne (pour les orthodoxes et les protestants le seul être humain conçu hors du péché originel est Jésus-Christ) Autrement dit, comme l’ont expliqué les théologiens, une femme juive vivant sous la loi de Moïse accepte d’introduire dans le monde celui qui mourra pour les péchés des hommes, c’est-à-dire que la loi, tout en restant valide, cesse d’être le principe théologique essentiel, et laisse la place au salut. Pour cette raison, l’Annonciation est le moment où est lavé le péché originel d’Adam et Ève. L’Annonciation est un message de joie et de libération. Mais cette libération est potentielle, elle ne s’accomplit effectivement que par la Croix et la Résurrection. (source Wikipédia)

La fête de l’Annonciation est particulièrement importante pour Marie de la Trinité puisque, dans ses carnets, de 1941 à 1945, on trouve une entrée à chaque 25 mars.

25 mars 1941 (cf. Les grandes grâces, Carnet I, Cerf, 2009, p. 175) : Une seule parole est notée qui invite Marie à se quitter elle-même pour passer dans le Christ : « Laisse-toi pour Moi – et passe de toi en Moi. » , préparation à la grâce sacerdotale des 14-15 juin marquée par l’incorporation au Christ dans son sacerdoce. (cf. op. cité, p. 191 à 201)

25 mars 1942 (inédit, p. 650/380) : Depuis un mois, Marie n’est plus maîtresse des novices et peut donc consacrer trois heures par jour à l’oraison, cette situation, peu comprise des autres sœurs, est source de confusion. Marie se pose la question : « Dans quelle mesure m’occuper du prochain ? » . Elle reçoit cette réponse : « [Tu seras] d’autant plus précieuse à ma Paternité et Déité, et utile à ma Gloire, que tu sera réputée plus vile et plus inutile ; d’autant plus puissante sur Moi et agréée de Moi, que tu seras plus faible et ignorée. » Ce programme est résumé dans cette autre parole :
« Plus tu seras effacée et cachée,
plus Je te serai Dieu et Père. »

A l’office de Sexte, Marie comprend ceci :
« Plus tu seras sacerdotale, plus tu Me seras filiale. »

25 mars 1943 (inédit, p. 2204/1310) : Marie fait la réflexion que lorsque nous accueillons les dons de filiation et sacerdoce nous sommes comme la Bienheureuse Vierge Marie relativement à l’Humanité du Verbe qui s’est façonnée en elle de l’Incarnation à la Nativité. L’accroissement que les dons ont à prendre en nous n’est pas du côté de Dieu, mais doit se produire du côté humain, par envahissement, saisie des dons, et apport de notre matière humaine à leurs opérations. L’incarnation du Christ qui s’accomplit dans la chair de la Vierge Marie donne au corps humain une référence sacerdotale. Le corps devient donc, par cette référence, le trait d’union de la créature matérielle au Père, pour l’hommage adorateur et pour l’action de grâce de l’âme humaine qui explique, justifie et appelle la virginité – elle a raison d’être sacerdotale.

25 mars 1944 (inédit, p. 2427/1443) : La méditation de Marie de la Trinité est maintenant tout entière tournée vers le mystère de Paternité qui est au-delà de l’engendrement du Verbe, et elle écrit : La vie du Père n’a pas, pour terme intérieur à sa Paternité, la génération du Verbe – mais la contemplation possédante de sa propre Paternité dans toute son ampleur infinie de sainteté et de majesté – contemplation d’où résulte, dans la nature divine, la génération du Verbe.

25 mars 1945 (inédit, p. 3163/1877) Marie s’enfonce de plus en plus in sinu Patris, au plus près de la contemplation du Père, cette contemplation que le Père a en Lui-même et de Lui-même dans la Déité directement, et dans la création indirectement. Elle voit surtout ce qui se passerait si cette contemplation se trouvait suspendue. Dans la Déité, la génération du Verbe serait suspendue ; dans la création, tout s’arrêterait également car la création est suspendue au Verbe car tout fut par lui ( Jn 1, 3) et au Père selon son opération paternelle. Et Marie conclut par ces mots : Et c’est dans ce sens, et en remontant au mystère d’Incarnation Rédemptrice, jusqu’à la génération du Verbe, que le Christ nous dit : « Pater meus dat vobis panem de caelo verum ◊ C’est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel. » . Jn 6, 32
Ainsi, c’est cette contemplation du Père, principe effectif de la Procession du Verbe dans la Déité, qui nous est donnée sous la forme de pain venu du ciel.

En suivant la progression liturgique de ces cinq fêtes de l’Annonciation, nous constatons qu’elle suit le principe théologique qui veut que le Christ nous conduise au Père. Pour Marie de la Trinité, c’est d’abord l’invitation à s’unir au Christ dans son sacerdoce. Puis, de l’intérieur de l’Humanité du Christ, de vivre l’articulation entre amour de Dieu et amour du prochain. Dans la réalité de l’Incarnation, Marie ne peut échapper aux tensions entre le divin et l’humain – le spirituel et le corporel. Ces tensions, acceptées et vécues, conduisent Marie à la contemplation du mystère d’engendrement qui la ramène au réel et au symbolique de l’Eucharistie.

Top
Accueil  |  Plan du site  |  Association  |  Liens  |  Contact