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8 décembre – fête de l’Immaculée conception

Note historique :

Le dogme de l’Immaculée conception de la Vierge Marie proclame, comme article de foi, que la Vierge, en vue de sa maternité divine, fut préservée du péché originel. Ce qui, par voie de conséquence, implicite que la Vierge Marie n’a pas totalement partagé le sort du reste de l’humanité sauvée par Jésus. Ce fut le sujet d’une grande controverse entre théologiens, dès le milieu du XIe siècle. Pendant sept siècles la polémique opposa deux conceptions théologiques l’une soutenue par les dominicains avec Thomas d’Aquin, l’autre par les franciscains avec Duns Scott.
Pour Thomas d’Aquin, la Vierge ne pouvait être purifiée avant sa naissance car : « La faute ne peut être purifiée que par la grâce, et celle-ci ne peut exister que dans une créature raisonnable. C’est pourquoi la Bienheureuse Vierge n’a pas été sanctifiée avant que l’âme rationnelle lui ait été donnée. » (St Thomas d’Aquin, Somme Théologique, III Qu.27 a.2)
Les arguments de Duns Scott manquent d’une preuve fondée sur l’Écriture, et son recours à la tradition des Pères de l’Église est plutôt fragile. Cependant Duns Scot se laisse guider par son intuition de croyant, et parvient à tracer une doctrine contenant tous les éléments fondamentaux du dogme de l’Immaculée Conception. La rédemption préservative de Marie est liée à la nature parfaite de l’œuvre accomplie par le Christ. « … Marie ne contracta pas le péché originel justement à cause de l’excellence de son Fils, dans ce sens qu’Il est rédempteur, réconciliateur et médiateur. » (Duns Scot, En III sententiarum, d 3, q 1)
En 1830, les apparitions de la Vierge Marie qui se présente comme : « Marie conçue sans péché » à Catherine Labouré, sont le point de départ d’une action des évêques français, soutenus par leurs collègues espagnols et italiens qui demandent au Saint-Père que l’Immaculée Conception soit définie comme dogme de foi. Grégoire XVI (1831-1846), arrêté par le silence des épiscopats germaniques et anglo-saxons, conserve le statu quo. Son successeur, Pie IX (1846-1878), après consultation d’une commission de théologiens et l’avis écrit de tous les évêques, promulgue le dogme de l’Immaculée conception, le 8 décembre 1854, par la bulle Ineffabilis Deus, qui définit, à partir de l’Écriture (Genèse 3, 15 ; Luc 1, 28 et 1, 42), que la Vierge Marie, en vue de sa maternité divine, fut, dès sa conception, préservée du péché originel et mise en pleine possession de la grâce sanctifiante.
Pie IX fit publier un nouvel office en 1863. Les apparitions de Lourdes (1858) furent saluées comme une confirmation céleste du dogme et Léon XIII, en 1879, décida que la fête serait de rite double de première classe avec octave et une vigile. C’est une solennité dans l’Ordo liturgique de Paul VI.

Lundi 8 décembre 1941

En cette journée consacrée à la Vierge Marie, en la fête de l’Immaculée Conception, Marie de la Trinité reçoit une lumière sur l’action de la grâce dans les facultés de l’âme :

« Le soir s’est faite une sorte de synthèse très lumineuse et très simple entre facultés et grâce sanctifiante, actes des facultés et grâces actuelles. Les actes seuls sont méritoires, et pas les facultés dont ils émanent – de même ce n’est pas la grâce sanctifiante en elle-même qui est méritoire mais, par la grâce sanctifiante, la fidélité aux grâces actuelles. »

Au cours de cette année 1941, les intuitions de Marie de la Trinité, à propos du sacerdoce, ne cessent de croître à la lumière de son oraison quotidienne. C’est par touches successives que la compréhension se fait. Ainsi, dans la journée de ce lundi 8 décembre, son questionnement sur « l’attitude sacerdotale » reçoit un début de réponse grâce à un rayon de soleil dans l’escalier du couvent :

« Que je dois être, en cette attitude sacerdotale, comme ce qui est entre le soleil et l’objet qu’il illumine – cet intervalle, ce passage, ce moyen qui conduit invisiblement et sans rien retenir : le rayon – et sans quoi le rayon ne parviendrait pas à l’objet – quoique ce quelque chose qui sert d’intermédiaire soit inaperçu. »

Cette image du rayon entre le soleil et l’objet à éclairer, lui semble convenir au sacerdoce lui-même :

« C’est du reste tout à fait le sacerdoce qui communique, transmet et reste invisible en lui-même ; aussi invisible qu’indispensable, non par nécessité des choses, mais parce que c’est le bon plaisir de Dieu selon sa Sagesse souveraine. » (Carnet, Les grandes grâces, t. 1, Cerf, 2009, p.360-361)

Mardi 8 décembre 1942

Dans le passage cité ci-dessous, Marie de la Trinité emploie deux termes qui peuvent surprendre : dons-grâce et dons-Personne. Il s’agit d’expressions qu’elle a forgées pour tenter de rendre explicite sa réflexion sur les dons de filiation et sacerdoce. « Dons-grâce » désigne tous les dons qui excèdent la nature et à la cime desquels se trouve le don de sacerdoce. Les dons de filiation et sacerdoce n’ont au-dessus d’eux, directement, que les Personnes divines, aussi Marie de la Trinité désigne-t-elle ces dons comme des « dons-Personne »

« La Pureté de la Bienheureuse Vierge Marie est en prévision et en préparation de sa participation aux dons – relativement à elle-même, à ce qui la concerne en propre – car le Père a voulu qu’elle-même, en tant qu’elle, Lui soit glorifiante ; la Bienheureuse Vierge Marie, en effet, n’est pas absorbée par le Verbe Incarné : il y a d’elle à Lui, lien de maternité selon la nature humaine – et de Lui à elle effusion des dons-grâce et des dons-Personne – mais ces liens supposent justement deux termes distincts – et en tant qu’elle-même, par tout ce qu’elle a reçu, la Bienheureuse Vierge Marie glorifie le Père.
Sa pureté, selon la nature humaine, est en vue des dons, comme les dons sont en vue du Père : car ce qui est moindre est en vue de ce qui est plus excellent – et ce qui est moins parfait, en vue de ce qui est plus parfait. »
(inédit, carnet 19, p. 1767/1084)

Notons que pour Marie de la Trinité, la pureté de la Vierge Marie n’est pas d’abord en vue de sa maternité divine mais en vue de sa participation aux « dons » qui sont eux-mêmes en vue de la gloire du Père.

Vendredi 8 décembre 1944

Dans ce passage, on trouve un autre néologisme : « dons-caractère ». Que sont les dons-caractère ? Étant donné que les dons de filiation et de sacerdoce sont une effusion de la Déité dans la substance de l’âme, cette effusion est directement sous l’emprise des Personnes divines qui impriment leur « empreinte », leur « caractère » dans la substance de l’âme, d’où le nom de dons-caractère.

« Dans son éternelle Sagesse, le Père a ainsi centré toutes les grâces qu’Il avait dessein de départir à la Bienheureuse Vierge Marie, sur le Verbe, son Fils bien aimé – et toutes celles départies à Saint Joseph, sur Lui-même – les effets comme les effusions de ces grâces, parfaitement coordonnés et liés, entre eux, dans l’Étreinte de l’Esprit. »

On retrouve, dans ce passage, un thème qui court tout au long des carnets : la Vierge Marie a une vocation ordonnée au Verbe tandis que celle de saint Joseph est ordonnée au Père. Dans la sainte famille, les relations s’établissent sur le modèle des relations trinitaires, grâce aux dons. Et l’écriture de ce jour se termine sur cette citation du psaume 51, 17 :

« “Domine labia mea aperies ! ◊ Seigneur ouvre mes lèvres” – « labia » : ce sont les dons-caractères par lesquels notre voix (qui est nous-mêmes) a accès au Père, et pénètre in sinu suo ; “Et os meum annuntiabit laudem tuam ◊ Et ma bouche publiera ta louange” – « os » : l’esprit simple, qui est le lieu des dons. » (inédit, carnet 34, p. 3126/1855)

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