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Temps de l’Avent

TEMPS DE L’AVENT

L’Avent est un temps de préparation à Noël. Ce mot vient du latin « adventus » qui signifie avènement. C’est un temps d’attente qui comporte plusieurs formes : il nous fait revivre d’une part l’attente du peuple juif de la venue du messie, l’attente de la naissance de Jésus. C’est d’autre part l’attente de l’avènement du Christ à la fin des temps. De plus, entre ces deux venues du Christ, on attend la venue actuelle du Christ dans son Église. Les thèmes de ce temps liturgique sont l’attente (veilleur d’Isaïe) et l’Espérance (retour du Christ dans la gloire).
Les grands témoins de l’attente de la venue du Christ sont le prophète Isaïe, Jean Baptiste et Marie.
Le prophète Isaïe exprime l’espérance messianique, il annonce la naissance de l’Emmanuel. Il incarne à la fois la préparation de Dieu et les désirs de l’humanité.
Jean Baptiste annonce la venue proche du messie et il invite à un baptême de conversion pour s’y préparer. Il est le précurseur. Dès son enfance, puis adulte, il désigne Jésus.
Marie accepte d’être la mère du messie. Elle est le symbole de l’habitation de Dieu en nous.

En ce temps de l’Avent de l’année 1941, Marie de la Trinité entre très profondément dans ce climat d’attente et d’espérance que suscitent, en elle, les expériences spirituelles qui se succèdent depuis le début de l’année, marquée par la grande grâce du sacerdoce des 14-15 juin. En ce début de l’Avent la disposition d’âme qui lui paraît être la plus adéquate est la candeur.

Mercredi 3 décembre : « C’est une fidélité d’esprit qui m’est demandée, plus que d’actes – une « attitude intérieure de vie », directement et totalement référée à la Personne du Père, selon l’Être, dans l’union à la Personne du Verbe incarné (filiation et sacerdoce) et en sa lumière, par l’Étreinte de la personne du Saint Esprit, selon la vie.
Et la disposition prochaine à cette attitude est la candeur, comme j’en ai reçu le conseil : disposition d’une âme réceptive qui s’offre à la lumière de la vérité, sans réserve, sans calcul, sans idées préconçues, prête à tout enregistrer tel quel, à tout refléter intégralement – attitude qui exclut toute résistance, toute préférence personnelle, tout mélange de caprice, tout esprit propre, toute avidité gloutonne, toute prétention – et également toute limitation, tout recul devant la lumière. » (Marie de La Trinité, Les Grandes grâces. Carnets I (11 août 1929 – 2 février 1942, p.356)

Dimanche 7 décembre, 2e de l’Avent : « Vu que le sacerdoce n’a rien en propre, ni à lui, ni pour lui. Il s’abaisse en ce qui est au-dessous de lui : notre souillure humaine – et nous transporte au-dessus de lui, in sinu Patris, et majestate Deitatis.
L’expiation et l’immolation sont au-dessous de lui – la louange, l’action de grâces, l’adoration sont au-dessus et le dépassent, bien qu’elles arrivent par lui.
Il n’a en propre que ce qui lui donne puissance et droit pour ses opérations dont aucune n’est pour lui ni en vue de lui-même. Il est, lui, pour ce qui est au-dessous et pour ce qui est au-dessus.
C’est lui qui répand le Précieux Sang dans la souillure des âmes.
Posséder le sacerdoce, c’est posséder tout – et être dépouillé de tout.
Le sacerdoce a toute puissance, et il est toute pauvreté : comble de puissance, et comble de dénuement. Il doit sans cesse agir en sa puissance, en même temps qu’il ne doit rien retenir en lui-même. Il supprime toute jalousie, envie, vaine gloire, amour propre, esprit de propriété, volonté propre ; rend l’âme toute pure, toute vierge et toute chaste ; dilate à l’extrême la charité, exerce l’espérance dans l’illumination de la Foi et des dons d’intelligence et de sagesse. » (LGG, p. 357)

Dimanche 14 décembre, 3e de l’Avent : « Dans la Très Sainte Humanité du Christ l’attitude filiale et l’attitude sacerdotale (et leurs activités propres) sont toujours connexes – elles affectent le même sujet, et relèvent de la même Personne. Elles coïncident quant aux actes, sur le même objet, mais tout cela à titres divers : l’un propre à la Filiation, l’autre propre au sacerdoce – et selon les exigences soit de la Filiation, soit du sacerdoce. […]
Ces activités filiale et sacerdotale du Christ lui sont essentielles. Il n’a pas eu à les quitter ; même durant sa mort elles lui demeurent. Il n’en a pas eu d’autres, et elles renferment toute sa vie.
L’activité filiale est essentielle à sa nature.
L’activité sacerdotale est essentielle à sa mission. Elle concerne l’Incarnation Rédemptrice dont le terme et le fruit est la Résurrection et la glorification. Glorification du Père et de Dieu, qui rejaillit sur Lui, et qui procède de l’union substantielle ; union qui se réfère à la Filiation, tandis que la Gloire se réfère au sacerdoce. » (LGG, p. 378)

Dimanche 21 décembre, 4e de l’Avent : « Le « mouvement d’amour » est de l’Esprit Saint, la candeur de cet amour est du Verbe. L’immolation qui y dispose, par libération, et l’accompagne, est du sacerdoce. L’immolation est antérieure au mouvement, et le mouvement antérieur à la candeur.
C’est un triple effet simple et un, référé au Père et à Dieu ; l’âme y est toute passive : le Père le reçoit dans l’âme même – et reçoit, par lui, l’âme elle-même.
L’Esprit Saint meut, le Verbe informe, le Père reçoit.
Le sacerdoce est à l’origine de toute activité théologale, par l’adoration et l’immolation.

Mercredi 24 décembre, vigile de la Nativité : « Pendant Prime, avant la lecture du Martyrologe :
Pendant les neuf mois qui précédèrent la naissance [du Christ]… il convenait que les prémices de ce sacerdoce fussent directement ordonnées à la gloire. Du reste le Christ n’eut à faire usage, durant ce temps, que de la science procédant de la vision béatifique et de la science infuse, sciences dont Dieu est l’objet suréminent – et son sacerdoce s’exerçait à la lumière de cette science glorieuse, il n’était influencé que par elle.
C’est d’abord et par-dessus tout un hommage d’adoration et de gloire que le sacerdoce devait rendre à Dieu et au Père – puisque c’est pour cela que, finalement il est institué.
Il fallait qu’il commençât par ce qui est pour l’éternité, de même que les mystères de notre salut ont commencé par l’assomption de la nature humaine dans la Personne même du Verbe : il y a corrélation entre cette assomption dès l’instant de l’Incarnation et l’activité immédiate, en ce même instant, du sacerdoce de gloire.
Comme la Très Sainte Humanité du Christ fut envahie et remplie en plénitude par toute la Sainteté et la majesté de la Déité, avant d’assumer en elle tous nos péchés, toutes nos souillures de même son sacerdoce s’exerça pour la gloire avant de s’exercer pour l’expiation et l’immolation.
Dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie, le Verbe Incarné était plus au ciel que sur terre : y avait-il, hors le ciel même, condition et lieu plus propices à l’exercice de ce sacerdoce de gloire ?
Le sein de la Bienheureuse Vierge Marie, sanctifié par l’Esprit Saint, demeure du Père, était aussi pur et parfait que le ciel. La fidélité de la Bienheureuse Vierge Marie surpasse celle des Anges, sa plénitude de grâce aussi. Le Christ se trouvait en elle, Lui-même rempli de toute la plénitude de la gloire – et elle, remplie de la plénitude de la grâce : « Fons signatus, hortus conclusus ◊ source scellée, jardin enclos » (Ct 4,12), qui Lui était comme une cloison étanche le tenant séparé du mal et du péché, sans contact avec lui.
Cependant, comme Il était envoyé par le Père en vue de l’Incarnation Rédemptrice, Il avait hâte, en son sacerdoce, de prendre en la nature qu’Il avait assumée notre bassesse, nos péchés – et d’exercer son sacerdoce d’expiation et d’immolation. Il est venu se mêler à notre condition terrestre, non céleste, et pour accomplir son sacerdoce d’expiation et d’immolation, non dans l’éternité, mais dans le temps.
Pendant les neuf mois qu’Il demeura dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie, Il la rendit participante de son activité sacerdotale de gloire – non par nécessité, mais par convenance, ayant reçu d’elle cette nature humaine selon laquelle il possède le sacerdoce et l’exerce – et elle recevait de Lui, par le moyen de ce sacerdoce, l’abondance des grâces divines. Le Magnificat est comme le signe extérieur de l’exercice de ce sacerdoce de gloire.
La Bienheureuse Vierge Marie fut au Verbe Incarné un lieu intermédiaire entre le ciel et la terre : des splendeurs du ciel pour s’accoutumer aux misères de la terre (à l’inverse de ce que nous est le Purgatoire : passage de la terre de péché à la pureté du ciel).
Dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie, avant sa naissance, Il n’était pas encore pleinement de la terre – mais déjà comme pleinement du ciel. (LGG, p. 403)

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